Ubisoft, la grande entreprise de l’industrie vidéoludique française. Aujourd’hui, cette société bretonne est le troisième éditeur indépendant de jeux vidéo au monde. Avec près de 13 000 employés répartis dans une trentaine de studio à travers le monde, et des dizaines de jeux à succès, retour sur une histoire vieille de 30 ans.

 

Ubisoft, de la Bretagne au monde entier

 

C’est dans les années 80 que commence cette histoire. Les cinq frères Guillemot aux mains de l’affaire familiale de vente de produits agricoles, veulent diversifier les activités de l’entreprise. C’est lors d’un voyage à Londres que l’un des frères, Michel Guillemot découvre les bas prix des jeux vidéo, il y décèle alors un marché potentiel, cela sera le point de départ de ce que va devenir Ubisoft.

Dans un premier temps, les frères créent Guillemot International, une entreprise qui se spécialise dans la distribution de jeux. C’est en 1986 que né officiellement Ubisoft, lorsque Yves Guillemot (actuel dirigeant de l’entreprise) termine ses études et rentre en France et c’est dans ce contexte  que la société produit son premier jeu, Zombi. Succès commercial au rendez-vous, Ubisoft enchaine les titres et connaît une croissance rapide. C’est en 1992 que l’entreprise s’exporte hors de France, en ouvrant un studio à Bucarest, le premier d’une longue série. 5 ans plus tard, Ubisoft arrive sur le continent Nord-Américain et ouvre un studio à Montréal, qui deviendra plus tard « le vaisseau amiral » du groupe, et sera le lieu de nombreuses productions iconiques de la firme bretonne.

 

Les années 2000, la réussite d’un modèle

 

Au début du nouveau millénaire, “Ubi” fait l’acquisition du studio Red Storm Entertainement, créé par l’écrivain Tom Clancy quelques années plus tôt. De la naquit la licence Splinter Cell, sortie pour la première fois en 2002, succès indéniable puisque les stocks européens sont vidés en moins de 24 heures. En 2006, Ubisoft connaît une popularité énorme grâce à l’arrivée des Lapins Crétins, création de Michel Ancel, papa de Rayman. Cette franchise, qui devient un outil marketing ultra puissant sera même décliné en séries animées ou encore en BD.

C’est un an plus tard, en 2007 qu’Ubisoft devient le troisième éditeur indépendant de jeux vidéo au monde. C’est cette année que le jeu Assassin’s Creed, premier d’une longue série, sort. Loué par la critique pour toutes ses qualités, que cela soit la prise du risque du studio, les mécaniques du jeu ou encore sont esthétiques, il se vend 3 millions d’exemplaires du premier AC. Cette franchise est aujourd’hui la plus grosse jamais produite par Ubisoft.

 

2015, arrivé de Vivendi et une entrée en e-sport

 

Le 14 octobre 2015, le groupe Vivendi dirigé par Vincent Bolloré débarque dans le capital d’Ubisoft à hauteur de 6,6%, et à 6,2% de la petite soeur Gameloft. Les frères Guillemot ne tardent pas à réagir, affirmant vouloir rester indépendant, face à des dirigeants d’entreprises qui « ne comprennent pas [leur] expertise ni ce qu’il faut faire pour avoir du succès dans cette industrie ». La semaine suivante, Vivendi grimpe à hauteur de 10% et devient actionnaire principale du groupe. Aujourd’hui, Vivendi possède 27,29% des parts d’Ubisoft, après avoir réussi à absorber Gameloft en 2016. “Ubi” a réalisé une campagne de soutien sur les réseaux sociaux lors des deux AG de 2016 et 2017, où Vivendi pouvait déposer une OPA. Lors de ses deux journées, Twitter fut secoué par les hashtags #WeLoveUbisoft et #WeAreUbisoft, utilisé par la communauté et les employés afin de faire comprendre au groupe de Vincent Bolloré que personne ne souhaite voir un autre dirigeant à la tête d’Ubisoft. Lors de cette deuxième AG, Vivendi confirme ne pas vouloir déposer d’offre pour le moment.

C’est en décembre de cette même année qu’Ubisoft sort le jeu Rainbow Six Siege, produit par Ubisoft Montréal. Jeu pensé pour la compétition, il est après deux ans, un des jeux incontournables de l’esport. Joué par plus de 25 millions de personnes, sa popularité grandis mois après mois ainsi que sa scène pro.

 

La stratégie transmedia d’Ubisoft

 

L’entreprise ne s’en cache pas, elle souhaite devenir « le Disney à la française ». Ubisoft applique cette stratégie de plus en plus ces dernières années, entre les séries TV Lapins Crétins, le film Assassin’s Creed ou encore les différentes BD et romans. C’est un moyen pour l’entreprise de se faire connaitre auprès d’un public plus jeune et plus large. Le rachat de Ketchapp est un autre exemple de la stratégie d’Ubisoft, qui souhaite se placer sur différents marchés de divertissement.

L’avenir de l’entreprise bretonne est donc rayonnant, le succès du dernier Assassin’s Creed après deux épisodes aux résultats décevant montre qu’Ubisoft a compris sa communauté. Elle a également tous les atouts en main pour que sa stratégie transmedia fonctionne, si les dirigeants actuels poursuivent dans cette voie de créativité et d’originalité, marque de fabrique de ce géant du jeu vidéo.

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