Après 8 ans d’absence, la franchise à succès Rainbow Six, directement inspiré des romans de Tom Clancy faisait son retour en décembre 2015. Et cette fois-ci accompagné d’un pari risqué, créer un jeu multijoueur compétitif, et mettre un pied dans le monde de l’eSport. Après une quinzaine de jeux répartis sur presque 20 ans, le succès de la franchise Rainbow Six n’est plus à prouver. Mais le monde de l’eSport est impitoyable, avec une scène FPS dominée depuis des années par les mastodontes Counter-Strike et Call of Duty. Ubisoft misait très gros en enfonçant à grand coup de marteau les portes du FPS compétitif. Après un Six Invitationial 2018 d’anthologie, nous allons revenir sur cet événement et l’importance prise par Rainbow Six Siege dans le monde de l’eSport.

 

Un Six Invitational 2018 démesuré

 

Sortie il y a 2 ans, Rainbow Six est petit à petit en train de s’imposer sur la scène eSport comme un des jeux les plus prometteurs. Encore considéré comme un petit jeu il y a quelques mois, Siege a explosé cette année, que cela soit en eSport mais également auprès d’une communauté de joueurs de plus en plus grande. Preuve de la réussite communautaire et économique du titre d’Ubisoft, le Six Invitational qui a eu lieu du 13 au 18 février s’est déroulé à Montréal dans une salle pleine à craquer ! Cet événement n’a d’ailleurs plus grand-chose à voir avec sa première édition en 2017. Tout a été démultiplié, du nombre d’équipes au nombre de spectateurs en passant par une salle à la hauteur des ambitions du titre. Les petites structures de la première édition laissent place à des géants de l’eSport comme les équipes Faze Clan, Evil Geniuses ou encore Team Liquid. L’arrivée de ces structures sur le jeu a été possible grâce au changement du format de ligue mis en place par Ubisoft, passant de 3 à 6 mois, créant ainsi une stabilité et une relégation moins « facile » tout en rendant la scène R6 beaucoup plus professionnelle.

 

Vous avez dit Call of Duty ?

 

Le signal fort des jours de compétitions du Six Invitational se trouve dans les audiences de l’événement. Premier signe et non des moindres montrant que le jeu et la scène sont loin de s’essouffler, le nombre de spectateurs lors de la finale à augmenter de 190% par rapport au Six de l’an dernier ! Autre signe, même si les audiences sont encore loin de pouvoir rivalisé avec le mastodonte CS GO, elles ont largement battu celles des championnats du monde de Call Of Duty, un concurrent qu’il semblait dur à abattre, WW2 affichant plus d’un milliard de dollars de recette 3 mois après son lancement. Même si Rainbow Six est dominé par Call of Duty en terme de vente, Ubisoft peut se féliciter de la courbe exponentielle de fréquentation de son titre, qui est passé de 10 millions de joueurs en août 2016, à 27 millions en décembre 2017. L’éditeur a profité de cet événement pour réaffirmer son choix de faire durer le jeu, avec pour objectifs d’atteindre les 100 opérateurs, alors qu’ils n’étaient qu’au nombre de 20 à la sortie du titre. Avec l’introduction en Pro League du système Pick & Ban d’agents, le jeu s’inspire directement de ce que fait League Of Legends, et souhaite suivre la direction prise par ce modèle de réussite sur la scène eSport.

Développer un jeu stable, durable et qui se renouvelle régulièrement par des mises à jour de contenu gratuite, voilà le modèle économique et de réussite de Siege face à un Call of Duty axé sur les ventes annuelles. Ubisoft va jusqu’à défier la franchise d’Activision en y ajoutant son propre mode « zombie » … gratuitement ! La concurrence entre ces deux franchises est loin d’être terminée, et Rainbow Six pourra peut-être un jour rivaliser avec le géant CS.

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